25.2.2011: Forschung CH

Forschung und Praxis gehören zusammen

La recherche et la pratique sont indissociables



Raphaël Arlettaz et al.

Naturschutzbiologen müssen ihr Engagement erhöhen, wenn es darum geht, ihre Empfehlungen in konkrete Massnahmen umzusetzen. Dies fordern Wissenschaftler der Universität Bern. Am Beispiel der raschen Erholung einer gefährdeten Wiedehopfpopulation im Wallis zeigen sie, dass die Umsetzung von Forschungsresultaten Teil der Aktivitäten der Naturschutzbiologie sein muss.

Les chercheurs en biologie de la conservation doivent s’engager davantage afin que leurs recommandations se traduisent dans le terrain en actions de conservation. C’est ce qu’affirment des chercheurs de l’Université de Berne. L'exemple du rétablissement rapide d’une population menacée de huppes fasciées dans les Alpes suisses grâce à l’action des scientifiques est présenté. Les chercheurs affirment que la mise en pratique des mesures dans le terrain doit faire partie intégrante des activités de la science de la conservation.


La littérature scientifique en biologie de la conservation comprend de nombreuses recommandations et lignes directrices pour une meilleure gestion des écosystèmes, des habitats et des espèces. Toutefois, elles ne sont que rarement mises en application par les praticiens de la conservation. Des scientifiques de l’Université de Berne pointent du doigt le fossé qui existe entre les connaissances et la pratique. L’une des raisons évoquées est l’absence d’engagement de la part des chercheurs dans les actions de conservation.
Les scientifiques s’appuient sur l’exemple de la huppe fasciée en Valais centrale, où une petite population isolée était sur le déclin au cours du 20ème siècle. A la fin des années 1990, une étude a pu en identifier la cause: l’absence de sites de reproduction dans la plaine du Rhône ou dans les environs immédiats, alors que les courtilières, principales proies de la huppe, se trouvent justement en plaine. Les scientifiques ont recommandé la pose de nichoirs en plaine, évitant ainsi aux huppes de parcourir de longues distances entre les versants des montagnes, leurs sites de nidification de substitution, et leurs terrains de chasse.
Après une phase pilote, les recommandations ont été suivies et des centaines de nichoirs ont été installés en plaine dans des cabanes, granges ou autres bâtiments agricoles inoccupés. Vu l’urgence de la situation, les chercheurs réalisèrent ces travaux eux-mêmes, secondés par la Station ornithologique suisse, des agriculteurs, des propriétaires de terrain et des citoyens. Deux offices cantonaux fournirent un soutien financier.
La réponse des huppes a été rapide et massive, puisque les sites de nidification traditionnels ont été abandonnés à la faveur des nichoirs en plaine, dans les zones de chasse. La réponse démographique des huppes a été estimée à l’aide du nombre annuel de couvées et d’oisillons sur la surface d’étude. Les contrôles ont montré une augmentation annuelle moyenne de la population de 32%. Les nichoirs ne sont qu’une solution temporaire. L’objectif est de restaurer un milieu rural comprenant des arbres et des haies qui devraient attirer les pics et fournir à moyen terme les cavités nécessaires aux huppes. Cet exemple illustre comment l’engagement commun de chercheurs et d’acteurs locaux dans une action de conservation a permis un rétablissement rapide d’une population animale en danger.
Selon les auteurs, la mise en œuvre des mesures de conservation devrait faire partie intégrante des sciences de la conservation. Dès lors, les chercheurs font appel à la communauté académique afin d’adopter de nouvelles règles qui tolèrent ou même favorisent l’engagement dans la pratique des scientifiques de la conservation.


Keywords:
Naturschutzbiologie, Praxis, Umsetzung, Vögel

Art der Publikation:
Fachpublikation

Literatur:
Arlettaz R. et al. (2010). From publication to public actions: when conservation biologist bridge the gap between research and implementation. BioScience 60: 835-842.
http://www.bioone.org/doi/abs/10.1525/bio.2010.60.10.10

Kontaktadresse:
Prof. Raphaël Arlettaz
Institut für Ökologie und Evolution
Universität Bern
Erlachstr 9a
CH-3012 Bern

Raphael.arlettaz@iee.unibe.ch
Tel: +41 (0)31 631 31 61


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