6.11.2020: Forschung international

Von Natur aus seltene Arten sind doppelt gefährdet

Les espèces rares par nature sont doublement menacées



Nicolas Loiseau et al.

Nicht nur häufige, sondern auch seltene Arten können im Ökosystem eine einzigartige und wichtige Rolle spielen. Allerdings sind natürlicherweise seltene Arten durch den Menschen stärker bedroht als verbreitete Arten – und sie sind auch vom Klimawandel stärker betroffen. Bisher basiert der Schutz der Arten v.a. auf ihrer Identität und ihrer demographischen Entwicklung. Die Wissenschaftlerinnen und Wissenschaftler raten deshalb, bei Artenschutz in Zukunft auch die Einzigartigkeit einer Art in den Ökosystemen zu berücksichtigen.

Les espèces rares peuvent jouer un rôle aussi important dans les écosystèmes que les espèces répandues. Cependant, les espèces naturellement rares sont plus fortement menacées par l’être humain que les espèces largement répandues, et elles sont également plus fortement impactées par le changement climatique. Jusqu’à présent, la protection des espèces se basait en particulier sur leur identité et leur évolution démographique. Les scientifiques recommandent donc que la protection des espèces prenne à l’avenir aussi en compte l’unicité d’une espèce dans les écosystèmes.


Il a longtemps été supposé que les espèces rares contribuaient faiblement au fonctionnement des écosystèmes. Des études récentes ont cependant remis en cause cette hypothèse, la notion de rareté ne recouvrant pas seulement l’abondance ou l'étendue géographique des espèces, mais aussi l’unicité de leurs rôles écologiques. Ces espèces aux fonctions uniques étant irremplaçables, il est désormais fondamental de comprendre leurs caractéristiques écologiques, de cartographier leur distribution et d’évaluer leur vulnérabilité aux menaces actuelles et futures.
À partir de deux bases de données regroupant les espèces de mammifères terrestres (4 654 espèces) et d’oiseaux (9 287 espèces) à l’échelle mondiale, des scientifiques ont cartographié le nombre d'espèces écologiquement rares dans des zones géographiques de 50 km par 50 km à travers le monde. Ils ont démontré que la rareté écologique des mammifères se concentre dans les tropiques et dans l'hémisphère sud, avec des pics dans les îles indonésiennes, à Madagascar et au Costa Rica. Il s’agit surtout d’espèces nocturnes et frugivores (par exemple, les chauves-souris ou les lémuriens) ou insectivores (comme certains petits rongeurs). Les espèces d’oiseaux écologiquement rares se rencontrent principalement dans les régions montagneuses tropicales et subtropicales, en particulier en Nouvelle-Guinée, en Indonésie, dans les Andes et en Amérique centrale. Il s’agit essentiellement d’espèces frugivores ou nectarivores (comme les oiseaux mouches). Dans les deux cas, la rareté écologique est largement surreprésentée dans les îles.
Les chercheuses et chercheurs ont également classé ces espèces en fonction de leur statut sur la liste rouge de l’UICN. Ils ont ainsi constaté que les espèces écologiquement rares étaient surreprésentées dans les catégories menacées de l'UICN, tant pour les mammifères (71%) que pour les oiseaux (44,2%) par rapport aux espèces écologiquement communes (2 % et 0,5 %, respectivement). Pour chaque espèce, ils ont évalué leur exposition à l’impact anthropique, au développement humain (IDH) et aux conflits armés, ces deux derniers influençant les politiques de conservation. Ils ont constaté que les mammifères et les oiseaux écologiquement rares étaient plus touchés par l'influence humaine que les espèces plus communes et qu’ils étaient présents dans tous les types de pays, indépendamment de leur indice de développement ou du nombre de conflits. Concernant l'influence du changement climatique, les scientifiques ont montré, à l’aide de modélisations, que les oiseaux écologiquement rares seront les plus touchés et que nombre d’entre eux risquent l’extinction d’ici 40 ans.
Ce « profilage » des espèces écologiquement rares met en évidence que leur préservation, même dans les zones actuellement protégées, n’est pas suffisante. La conservation des espèces est, aujourd’hui encore, trop souvent basée sur leur identité et leur statut démographique. Pourtant, la prise en compte de l’originalité de leurs rôles écologiques est essentielle et devrait aussi guider les actions de conservation. C’est un vrai changement de paradigme des politiques de conservation qu’il faut désormais mettre en œuvre pour préserver ces espèces essentielles au bon fonctionnement des écosystèmes.

Source: CNRS presse

Keywords:
Artenschutz, ökologische Seltenheit, Klimawandel

Art der Publikation:
Fachpublikation

Literatur:
Loiseau N. et al. (2020): Global distribution and conservation status of ecologically rare mammal and bird species. Nature Communications 11(1), 1-11.

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Kontaktadresse:
Nicolas Mouquet
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